UNE HISTOIRE VIEILLE DE 115 ANS.
C’est vers 1905 qu’un terrain du côté du Loubat ont eu pour cadre, un premier match de rugby.
Peut-être entre ouvriers mégissiers voulant se mesurer en appartenance à un quartier, sûrement, une corporation peut-être. Edmond Saint Ignan, le plâtrier, était de la partie.
Lui, le pionnier sera capitaine quand en 1910, deux sociétés, le Sporting Club présidé par Louis Vieu et l’Union Sportive de Joseph Tignol ont réuni leurs activités en créant le Sporting Club Graulhétois. Affiliés à l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques, les grauhétois s’inscrivent rapidement dans le championnat régional. En 1912, Mazamet, de trois petits points vient l’emporter à Sirou.
Plus tard, présidé par Edmond Balzame, le Sporting décroche le titre national de 4e Série en battant 3 à 0 les girondins de Podensac.
L’année suivante, les graulhétois, se firent exclure de toute compétition après une rencontre des plus houleuses face à Lavelanet. Qu’à cela ne tienne, autour d’André Pauthe, le rugby graulhétois se régénérait en adoptant le nom de Harlequins et devenait champion régional en battant Mazamet cette fois.
En, 1920, était bâti, équipé et inauguré les stade de la Bouscayrolle, haut- lieu de féroces empoignades et historiques victoires.
En, 1920, était bâti, équipé et inauguré les stade de la Bouscayrolle, haut- lieu de féroces empoignades et historiques victoires.
En 1936, les rouges et noirs de Jean Alquier décrochaient le titre national Promotion face à St Claude.
En 1937, ceux d’Alcide Durand, étaient une nouvelle fois, sacrés champions de France Promotion.
DANS LA COUR DES GRANDS.
Après le début de la guerre, le rugby à Graulhet reprit dès1941.
Les maillots étaient en laine, le joug-bélier sous la halle du centre-ville, les trains en retard, mais les graulhétois, honorèrent leurs rendez-vous.
Années troubles, durant lesquelles le rugby était prétexte à se retrouver, à faire perdurer des idées de solidarité, de combativité et d’engagement sur le terrain.
Et autour de la pompe à chapelet qui servait à rincer la poussière, la boue et le sang séché. Graulhet comptait dans ses rangs, Georges et Roger Vedel, Pierre Bastide, Marcel Parayre, Jean Raymond, et René Berthoumieu qui fit ensuite carrière à treize. Le rugby d’après-guerre a permis à Graulhet d’imposer durablement ses deux couleurs rouges et noires, et de forger sa réputation d’équipe courageuse et accrocheuse.
Le Sporting, champion de France Promotion en 1948, doublera la mise la saison suivante en battant Oloron au Parc des Sports de Bordeaux pour le titre national d’Excellence. Avec un solide Jean Serra au talonnage et un tonitruant, meneur d’hommes René Azémar en pilier. Une personnalité a marqué cette génération. C’est Camille Bonnet, premier éducateur-entraîneur, qui a, par ses interventions techniques, pédagogiques, et humaines, poussé l’ascension, vers les premières divisions de ce sport, dans le sillage de Marcel Batigne, déjà président du Sporting avant de ses faire élire à la Fédération.
Le dimanche 23 octobre 1955, pour l’inauguration du stade de Crins plus tard Noël Pélissou, les graulhétois de Lucien Phalippot, José Planès, Jacques Cazelles, « Zizi » Vidal et Paul Batigne, battaient le Stade Toulousain au terme d’un match épique. Et devant une foule record ayant laissé 1 260 000 francs aux guichets. Deux hommes, premiers graulhétois a être sacrés internationaux, sortaient d’une équipe homogène, crainte de Bayonne à Toulon, de Perpignan à Paris : Guy Pauthe et Françis Rouzières. Avec la fameuse 3e ligne des 3R (Rivals, Roques, Rouzières) le rugby des bords de Dadou, a connu ses premières grandes heures de gloire, à l’aube des Trente Glorieuses.
En 1957, le Sporting était « sorti » en demi-finale du Championnat de France de Première Division, par le Racing Club de France, et ce, à la moyenne d’âge plus élevée. Point de règlement n’ayant servi qu’une fois au terme d’un match conclu par un score nul. Et ce, au stadium de Toulouse devant 25 598 spectateurs.
ESPRIT DE SACRIFICE.
D’autres joueurs ont marqué cette montée en puissance. C’est le cas d’André Larrue, seul graulhétois de l’histoire a avoir joué trois demi-finales (57,66, 67) Les défis relevés un à un, face à toutes les belles équipes du championnat, révélaient encore Jean Claude Baqué, qui connaître plus tard des destinées nationale à la tête du rugby amateur (Fira). Avec lui, Germinal Casals, longiligne arrière, Jean Saby, virevoltant et fantasque trois-quart-centre, ou André Abadie, et son caractère bien trempé de pilier, craint de tous ses adversaires. L’équipe pouvait nourrir l’ambition d’un titre suprême, jamais conquis par l’intervention de décisions arbitrales contestables, dans le moment cruciaux. Graulhet brillait sur tous les stades, et son industrie tout autant, alimentant créateurs de mode et ateliers de confections. L’époque était glorieuse, les hommes qui en écrivaient l’histoire étaient convaincus.
Les saisons qui passaient finissaient par se ressembler, trouvant leur conclusion dans un concert de klaxons, une fantasia de voiture décorées, une parade d’étendards rouges et noir, mais aussi l’amertume des supporters et des populations qui mettait un terme long à se dissiper par un trop plein d’amertume. Le quinze « des mégissiers » était encore composé dans sa majorité de gars du coin. Et ils étaient nombreux, le dimanche venu, à suer de grand plaisir sous la toile matelassée des maillots et le cuir des casques, tendance chez cette génération. Toutes les grandes équipes allaient un jour plier devant la détermination des André Pech, René Cussac, Jean Pierre Andoque, Jean Claude Boué, Jean Louis Blanc ou Michel Mazel. Même après la retraite des cadres des années 50, une relève prit la suite sans que la courbe ascendante ne fléchisse, mais cette fois avec l’apport de « Toulousains » Jean Andrieu, Maurice Lamazouade, et James Carles. Mais derrière les Trophées prestigieux, Cinzano et Midi Olympique, se profilait l’imposante silhouette de Marcel Batigne. D’abord quart de finaliste en 1965 contre Brive, Graulhet accédait, après trois rencontres éliminatoires, en demi-finale. Cette fois c’est au Dax de Pierre Albaladejo, que les rouges et noirs se frottaient. Un match haut en couleurs, perdu 11 à 5 au terme duquel, l’arbitre, Mr Durand a eu a essuyer de nombreuses et lourdes critiques.
Dans la foulée, Marcel Batigne, l’enfant du pays, le patron mégissier, fut élu président de la Fédération Française de Rugby, dans les circonstances particulières d’une dissidence. De ville de rugby, Graulhet devenait place forte de l’ovalie. La saison suivante, La Voulte en 8e, Mont de Marsan en quarts, s’en rendirent compte. Montauban en demi-finale fut le vainqueur heureux d’un match intense et longuement indécis, provoquant dans les larmes, l’arrêt de Françis Rouzières comme entraîneur et le retrait de Marcel Batigne de la présidence du Sporting.
UNE GENERATION JUNIORS.
Désormais invitée à participer au prestigieux Challenge Du Manoir, le Sporting créa par obligation une école de rugby et renforça ses sections jeunes. Mais déjà, l’effort de formation s’avérait payant et les compositions d’équipes révélaient Christian Amalvy, Serge Siman, Jacques Gasc, Christian Duffaut, Alain Bonnet, Gérard Guiraud, Jacques Ravari, Emile Casals, Pierre Molinier puis, René Mira, Bernard Hortala, Serge Faguet, Pierre Passemar, Pierre Boutié, et Alain Phalippot.
Tous allient se révéler dans le sillage de deux meneurs d’hommes hors-pair, Françis Bellot et Alain Abadie. Un homme, fin pédagogue, et penseur de ce jeu, se trouvait tout désigné, pour prendre en mais ce groupe de forts caractères ; Henri Auriol. Mais en 72, Graulhet habitué depuis des décennies, à participer aux phases finales, ne se qualifié pas. Simple péripétie puisqu’en suivant, et avec l’apport des qualités offensives et au pied de Guy Laporte en renfort, l’équipe retrouva les clefs du succès. A la présidence, Maurice Bardou allait pousser à remettre le groupe sur les bons rails. Et l’année suivante, dès les « huitièmes » Graulhet sortait la grosse machine agenaise au terme d’une rencontre épique, en arrachant la victoire pourtant en infériorité numérique. Réaction logique à cet exploit, l’Usap remportait le « quart » suivant. La saison 73-74, avait bien failli se terminer par une relégation en Deuxième Division, mais la réaction salutaire de l’équipe permit de sauver la saison et la face.
Nouvelles formules de championnat comme souvent à cette époque le Sporting se retrouva en Groupe B. Graulhet traversait le gué sans dommages et trouvait même la ressource pour arriver en finale du Challenge Du Manoir, perdue face à Montferrand.
La France du rugby apprenait si elle ne le savait déjà qu’un « Grolé » résistait avec superbe, à la montée en puissance de puissantes armadas, soutenues, par d’intrépides capitaines d’industrie. Toute une ville se remettait à y croire, d’autant plus qu’arrivait une génération généreuse dans l’effort, finaliste Reichel A, et désintéressée. Issus de la première vague de la filière formation, Didier Gontier, Jacques Bellot, Pierre Rouzières, Alain Balayé, Pierre Jean Pauthe, Michel Thévenet, François Andrieu, Serge Rodière, Gerard Durand, Denis Cadaux et d’autres apportaient un véritable ballon d’oxygène à un effectif à la fleur de l’âge. Restaient Roger Viel, Emile Casals, Alain Phalippot,
Jacques Gasc et Françis Bellot pour encadrer ce groupe et assurer la transition. Le Sporting pouvait ainsi reprendre la course en tête, et si le Stadium de Toulouse ne réussissait pas aux graulhétois, leur terrain fétiche restait inviolé durant cinq saisons et demie. Tous les grands clubs chutaient un jour sur les bords du Dadou. Cette période marquait encore cette osmose parfaite entre joueurs et supporters, avec un public fidèle qui se reconnaissait dans le valeurs d’une équipe sans vedettes mais parfaitement solidaire et efficace.
UN BUDGET PAS LOIN DES GROS.
Avec l’arrivée de Daniel Revallier, c’est tout le rugby tarnais qui se reconnaissait dans la notoriété d’un club présidé par André Roumégoux. Succès en championnat, parcours conséquent en Du Manoir, industrie locale florissante, et le stade de Crins attirait les foules et réservait les meilleures places aux « gros pardessus » de la Fédé et aux sélectionneurs nationaux. D’autant plus que, malgré quelques ratés, l’équipe profitait de l’éclosion d’un demi-de-mêlée prometteur, Henri Sanz.
Le Sporting, avec un budget pas loin des gros, intéressait quelques « pointures » et défrayait la chronique en enrôlant un extraordinaire ailier américain, Chimère Okésie. Roger Bousquet qui avait repris la présidence, assurait au club une assise financière confortable.
Malheureusement, en plein hiver, Alain Lages, le grand espoir d’arrière, décédait accidentellement.
Toute la fin de saison fut un calvaire pour ses amis. La suivante fut fantastique. Après avoir éliminé Narbonne puis Montferrand, Graulhet revenait en demi-finale. Cette fois contre le Stade Toulousain, trop fort pour des tarnais émoussés par cette compétition. Ce haut fait d’armes reste comme le dernier dans cette Première Division d’alors. Celle-là même qui n’allait pas durer une éternité sous l’appellation d’amateur. Pierre Bary, Alain Siguié, Bernard Bacabe, Alain Salsé, Jeoffrey Abadie, Stéphane Marty, Serge Gauthier, assuraient l’intérim, bientôt suivis par Vincent Moscato, Fabien Pelous et plus tard Yannick Jauzion.
DANS L’ELITE….. AMATEUR.
Petit à petit, avec le déclin de l’industrie, le Sporting rentrait dans le rang. En 91, descendu en Groupe B, Graulhet avait fait le pari de remonter au plus vite. Avec un André Roumégoux revenu aux affaires, le Sporting concluait un quasi sans-faute avec une finale gagnée face à Rumilly.
Le titre révélait des joueurs prometteurs, tels que Jean Puginier, Rémi Trémoulet, Daniel Sannou, Jean Philippe Revallier, Eric Montels, Benoit Bellot, Philippe Garrigues, Jean François Beyt, Jean Paul Terrassié. Plus tard, David Auradou débutait sa carrière.
Le Sporting remportait la Coupe Moga, face à Nice, avec des gars de tempérament comme Nicolas Cayzac, Mickaël Carré, Jean Paul Bousquet, Renaud Gély, Bruno Calero.
En 99, c’est un bouclier de Nationale 1 (ancienne version) décroché face à Aubenas, qui marquait le retour au haut-niveau des rouges et noirs. Jean Michel Edelin, Fabrice Garréjat, Joël Pessegue, Cyril De Castro, Jerome Gilbert, Benoit Pappakostas, Xavier Imart, Benoit Ramade et Yannick Jauzion entretenaient l’espoir. La formation révélait Hackym Khattou, Julien Pauthe, Emmanuel Bleys, Florian Colombier.
Au début des années 2000 le Sporting a trouvé sa place dans les diverses compétions, loin du rugby désormais professionnel, se qualifiant par deux fois pour le Trophée Jean Prat, réunissant les meilleurs. Si, en 2008, un « repêchage » a permis au club de rester au niveau, il n’en reste pas moins que la compétition a révélé des Pierre Albouy, Nicolas Boutié, Mathieu Gratton, Sébastien Valette, Jules Montels, Julien Barbara, Olivier Regnier poussés par un duo d’entraîneurs prometteur, Benoit Bellot et Renaud Gély.
François Da Ros, Yanncik Jauzion devenaient les derniers représentants locaux dans les équipes de Top 16. En 2010, année du centenaire du club, le Sporting ne pouvait sortir de l’anonymat en échouant en barrage du Jean Prat.
FIGURES D’EXEMPLE.
Suivait une descente en Fédérale 2 pour trois saisons conclues par une finale face à Angoulème qui permettait aux supporters de ressortir les drapeaux. Un bail de huit années en Fédérale 1, durant lequel le Sporting a usé autant d’entraîneurs que de présidents. Guy Laporte, lui, voulait s’inscrire dans la durée, bien calé dans le fauteuil. Le destin en a décidé autrement.
Puis il y a trois saison, une entrée en fanfare en Nationale 2 à sa création. Un quatrième niveau national qui a permis de « faire tourner » un effectif dans lequel les Olivier Regnier, Tristan Johan, Hugo Planès, Guillaume Ducombs, Pierre Gilbert, David Marotel, ou Léo Durand, restent figures d’exemple pour les futures générations.
C’est le vœu de formation formulé par l’actuel président Jerome Montbroussous, qui a confié les devenirs sportifs de son équipe au trio Fredric Manca, Vincent Clément et Lionel Viguier. Pour prolonger une histoire vieille de 115ans.
